Bolivie : carnet de route
Qu'est-ce qui avait pu nous faire passer par la tête l'idée d'aller en Bolivie ? et en plus de monter un voyage avec plusieurs motards ? Les paysages surement, les reportages encore plus, des rencontres fortuites finalement.
La Bolivie a tout pour plaire : pas de tourisme, pas d'infrastructure... un pays à l'état quasi sauvage mais avec une population reconnue pour sa chaleur et son accueil. Et puis, tous les voyageurs rencontrés qui en étaient revenus, nous disaient la même chose... "Le plus beau voyage de ma vie", " des paysages à couper le souffle", "rouler en dehors de la civilisation"... Bref, au fil des mois, l'appel de la roche, du sable, des montagnes, des déserts, de la forêt tropicale (eh oui tout çà dans un même pays) se faisait plus vif et chaque jour plus violent. Le temps est vite arrivé où il n'était même plus possible de résister. Et comble de fortune, nous avions déniché un guide parlant français qui pouvait s'occuper de tout... Maurice de Moto-Andina.
Bref, la décision était prise. Il ne restait plus qu'à tout lire, concocter le trajet idéal, et demander au guide de faire une reconnaissance de ce nouveau périple... spécial Repaire des Motards.
Le vol est arrivé très vite...
La Paz, Bolivie - plus haute capitale du monde
Après 2 escales et 18h de vol, nous sortons de l'avion et le souffle se fait court, la tête se met à tourner et l'équilibre vacille. Fatigue du voyage qui n'en finissait pas ou prémices du mal d'altitude ? L'arrivé directe à 3800 m d'altitude à 23h est surprenante, déconcertante, enivrante. Le repos ne sera pas de trop finalement... et le trajet de l'aéroport (le plus haut du monde) jusqu'à l'hôtel se fait sans s'en apercevoir. Une bonne nuit, on l'espère et un remède local miracle: le sorojchipills et le thé aux feuilles de coca. La coca se mastique ici à longueur de journée pour contrer les effets de l'altitude. Ce n'est pas vraiment bon, même plutôt mauvais... au début... mais on s'y fait très vite et on apprécie encore plus vite ses vertus.
Le lendemain, nous nous levons gentiment. Il ne faut pas vouloir faire vite ni marcher vite... car sinon on le paye, un peu tout de suite, et beaucou plus plus tard... effet retard de l'altitude. La découverte de la ville de La Paz se fait d'abord à pied. C'est magnifique. Nous sommes réellement au coeur des Andes.
Les maisons couleur orange comme la pierre sont accrochées aux parois de la montagne. La ville est colorée, les rues vivantes, les habitants burinés...
La première journée se passe ainsi au milieu du bruit et de la pollution pour découvrir tous les visages de la ville, des marchés locaux ou levers de soleil...
Les marchés locaux: couleurs, légumes, sourires... de vraies cartes postales de l'Amérique du sud. Les plus beaux de notre voyage... A ne manquer sous aucun prétexte.
Les levers et couchers de soleil sur la ville n'ont pas d'équivalent pour une métropole... avec ses maisons accrochées aux parois des montagnes.
Le soir, toute l'équipe du Repaire se retrouve à l'hôtel « La Comédie » pour son premier dîner. L'équipe se rencontre pour la deuxième fois en live (nous avions organisé un repas sur Paris avant notre départ). Nous avons Julia, Minh, Eric, Jean Claude et Ghislaine et nous. Hormis Eric, personne n'a déjà participé à ce type de voyage , à mi-chemin entre rallye, circuit enduro et plaisir de la découverte des pyasages.
Nous sommes des débutants sur ce terrain... et nous avons mis toutes les chances de notre côté en mariant l'effort « moto » aux autres activités (randonnées, visites, temps pour prendre les photos...). Les journées dures alternent donc avec des acalmies sans moto pour apprécier le pays.
Maurice, notre guide motard francophone s'occupe de nous briefer sur les prochains jours avec un slogan "tout peut arriver en Bolivie, et il impossible de tout prévoir".
J1: LA PAZ - TOMARAPI
Rendez vous de toute l'équipe chez Maurice à 9 heures.
Toute l'équipe c'est: le mécano et cuisinier, le conducteur
du 4x4 et le Repaire.
Au total, nous avons 4 motos Suzuki 650DR: une moto pour Eric, une pour un duo Jean Paul et Ghislaine, une pour Julia et Minh (qui se l'échangeront), une pour David et Sandrine. Une moto a été rabaissée pour les deux petites tailles féminines.
Deux solutions sont proposées aux sacs de sable: être sur la moto avec son partenaire ou être passager du 4x4.
Nous verrons au fur et à mesure du parcours que le duo est quasi impossible sur le circuit. Les pistes sont trop cabossées. Etre dans le 4x4 a du bon: on a la musique, on n'est sans l'équipement et on profite du paysage. Avec tous les arrêts dans la journée, il est en plus facile d'échanger les motos.
Les motos sont prêtes, le 4x4 presque (il faut le charger: bagages, nourriture, mécanique, essence...).
A midi, c'est parti! Nous devons sortir de la ville. Nous sommes à
3000 m (en bas de la ville) et nous devons remonter toute la ville pour
se retrouver sur un plateau à 3800m. La circulation est très
dense, les rues très pentues, c'est du sport! Arrivée à
3800m vient la banlieue polluée et les lignes droites, mélanges
de terres et de bétons. Au fur et à mesure la ville et son
trafic dense s'éloigne.
Nous sommes sur des lignes droites (nos nationales) avec quelques traversées
de villages.
Pause déjeuner dans un petit resto sur la route. Au menu (celà
sera souvent ce type de repas): soupe en entrée, viande bouillie
avec riz en plat.
C'est reparti. Nous continuons et découvrons un paysage époustouflant:
la route 66 au temps de la création du monde! Un paysage vallonné
vert avec des ruisseaux ou des traces de cours d'eau. La mer était
là il y a plusieurs siècles. Un paysage visible à
360°, ni maison, ni poteau...
Ce jour est idéal pour se faire la main. Je conduis la moto: le
guidon est assez dur, la moto haute mais légère. Nous ne
sentons pas l'altitude en moto. La route est impeccable et déserte
(comme cela sera souvent le cas).
Le soleil commence à tomber et nous apercevons le volcan Sajama.
Le froid, renforcé par le vent commence à se faire sentir.
Nous devons arriver rapidement. Mais les difficultés commencent...
Nous sortons de la route principale et prenons une piste sablonneuse alors
que la nuit est tombée (j'ai donné la moto à David).
Baptême du sable: glissades de la roue arrière, arrêt
forcé... c'est dur pour les débutants.
Nous arrivons vers 20H à Tomarapi un village à l'air abandonné.
Une église, une école, quelques bâtiments et c'est
tout! La nuit se fera dans des conditions basiques: pas de chauffage,
pas de douche, pas de prises de courant... mais des chambres de 4 personnes
correctes.
J2: RANDONNEE
Cela sera une journée sans moto comme nous l'avions souhaitée.
Les jambes remplacent les roues.
Départ à 11h30 sous un ciel bleu et un soleil magnifique
(15°C) pour une superbe randonnée. Nous marchons au milieu
de la nature à côté des lamas et alpagas sauvages
(mais qui n'ont pas peur). Pour info, les lamas ont un cou fin et pas
de poil sur le bas des jambes alors que les alpagas ont une fourrure plus
dense.
Nous sommes à la frontière chilienne. De l'autre côté,
c'est le parc naturel chilien de Lauca.
Des buissons piquants de 30cm de haut, de la mousse séchée
et des petits ruisseaux comme végétation sur un fond de
montagne enneigée: le volcan Sajama (6542m). Après 2h de
marche, nous voilà devant le bassin de sources chaudes de soufre
en plein air. Un bain à 38°C au sein d'une nature vierge et
avec la vue sur le volcan nous est offert. Un bonheur!
Vers 16h, Maurice vient nous chercher en 4x4 et nous nous dirigeons vers
des geysers. Des eaux fumantes ou bouillonnantes au milieu de cette végétation.
Puis retour dans notre village far west au coucher du soleil alors que
le vent se lève et le froid arrive.
J3: TOMARAPI - SALAR
Nous reprenons les motos. Départ à 8h30 pour 375km vers
le sud, direction le Salar d'Uyuni. Nous avons une heure de retard sur
le planning (il faut que nous arrivions à 18h sur le salar).
Maurice nous décrit la journée comme « une journée
longue mais sans difficulté. Un peu de sable, des pistes caillouteuses
et quelques passages de cours d'eau ». Cela promet!
Je prend la moto pour la première fois sur du tout-terrain. Je
découvre le sable et expérimente la technique. Ce qu'il
faut retenir: il faut laisser glisser la moto et ne pas essayer de contrer.
On relâche les gaz quand cela glisse, on laisse faire et ensuite
on repart. Cela fonctionne mais il faut rester concentré. L'oeil
regarde sans cesse le sol alors qu'il faut aussi regarder au loin et surtout
la fin du virage!
Après le sable, vient le premier gué. C'est fun et ce n'est
pas dur. On garde les gaz constants, en ligne droite, on tient le guidon
sans trop de rigidité et on laisse coûler. Dans certains
cas, nous prenons de l'eau jusqu'au casque et pendant une seconde, c'est
en aveugle! Autant dire que l'équipement doit être étanche.
Pique nique à 14H près d'un cours d'eau et c'est reparti.
La technique s'améliore mais on se fait surprendre: un trou non
vu (on se lève et cela passe) mais les erreurs sont aussi là:
un tas de sable sur le côté attire mon attention , je le
regarde et donc je fonce droit dessus. Pas de mal, c'était du sable
et des buissons. Pour info, mon surnom sera « petit nuage ».
On accélère et nous passons trop vite devant des paysages
magnifiques: désert de Copoisa, lagune verte... C'est frustant.
Les passagers dans le 4x4 eux peuvent admirés. 19H et nous arrivons
sur le fameux salar.
Le salar: la plus vaste réserve de sel du monde! le lac s'étend
sur 12000km2 à 3650m d'altitude.
Nous parcourons 60Km sur une piste blanche et lisse (avec un effet dalles).
Tout le monde se laisse aller: 100km/h (voir plus) de nuit sur le plus
haut lac salé du monde!
Arrivée à 21h dans une auberge sympa : des chambres doubles,
une douche chaude et un diner léger (une soupe locale) après
un apéro anisé . Dodo à 22h alors que le vent souffle
très fort.
J4: SALAR d'UYUNI
Une journée repos et découverte du Salar. Lever à 9h, départ à 11h pour traverser le salar en moto (environ 100km) et découvrir la ville d'Uyuni. Ce n'est que du blanc sur un ciel bleu à perte de vue. Rien à l'horizon. C'est magique.
Une petite halte photo à l'hôtel de sel situé en plein
milieu du Salar avant d'arriver sur la ville ou plutôt le village.
La ville d'Uyuni fait penser à une ville far west: des rues droites,
du sable, des maisons aux toits plats...
Cette visite n'était pas prévue mais Maurice a un problème
mécanique. Nous nous baladons donc dans la ville en l'attendant.
C'est un jour de Fête: fanfare, défilé dans la rue,
beaucoup de couleurs et de joie de vivre.
Nous dégustons une bière,
une pizza (un menu pas très local mais ce sera exceptionnel) sur
une terrasse au soleil. Nous visitons aussi le fameux cimetière
des locomotives avant de partir vers 16h30 au coucher du soleil. Nous
passons devant les fameux tas de sel (des petits cônes de sel répartis
sur le sol tous les 5 mètres) attendant qu'on les ramasse. La couleur
du soleil sur ce paysage est magnifique.
Retour en ligne droite avec pour axe de repère le volcan Tunupa
au fond et le soleil qui décline.
J5: LE SALAR ET SES ILES
Une autre journée découverte nature. Nous visitons une
grotte avec des momies au pied du Tunupa puis nous nous dirigeons en moto
vers l'île du Poisson, (l'isla del pescado) connue si vous l'avez
vue dans l'émission Ushuaia. Une grande île ou plutôt
colline parsemée de cactus géants au mileu du salar.
C'est parti pour l'ascension (dénivelé de 200m) au milieu
des épines (je trouverai le moyen de mettre ma main sur un cactus!).
L'ascension est assez dure car la pente est raide et nous sommes à
plus de 3000m. Il fait beau et chaud ! Nous sommes essoufflés.
Une vue époustouflante à 360° nous attend au sommet.
Un moment magique !
Descente et un succulent pique nique nous attend: saumon fumé, salade de thon, boissons... autour du 4x4 et avec de la musique. Nous sommes les seuls sur l'ile. Café et nous nous dirigeons ensuite vers l'ile au cactus (ile incahuasi), plus touristique (hôtel et restaurant sur l'ile).
Farniente devant ce paysage de rêve. Nous
décidons de rester avec David sur l'ile pour attendre le coucher
du soleil. Le reste de l'équipe rentre avec Maurice qui viendra
nous rechercher. Nous faisons le tour de l'ile à pied et nous asseyons
sur un rocher pour admirer ce coucher de soleil. Les couleurs changent,
les cactus deviennent oranges, le salar bleu nuit... L 'appareil
photo mitraille! A 19h, Maurice arrive et nous repartons avec 3 motos
à l'hôtel. Le jeu de lumière des phares sur les plaques
de sel est féérique. Pour nous repérer, nous fixons
au loin 3 lumières qui indiquent la sortie du salar via un pont.
Vous vous trompez de chemin à 3m près et vous pouvez vous
embourber car le sel à côté de la terre se disloque.
Une journée féérique se termine. Demain sera une
journée éprouvante.
J6: JIRIRA-VILLAMARA: 330 km de piste. Direction le sud.
Sur 70km, nous traversons le salar. Un vent glacial souffle! Les mains
sont gelées! Puis retour sur la terre ferme sur une piste vallonnée
caillouteuse (pas facile, je vais d'ailleurs tomber. Cela sera mon premier
bleu). C'est une piste horrible: étroite, gros cailloux durs, de
la pente... Je fais une pause et monte dans le 4x4.
Arrivée dans le village de Saint Augustin à 11h30 et arrêt
pour le plein. Nous pic niquons dans un restaurant qui accepte de nous
servir un café (il n'est pas intéressé par le business.
Il faut lui demander!).
C'est reparti ! Les kilomètres défilent mais les heures
aussi! Cela devient chaud. Des pistes et des pistes et la nuit commence
à arriver. Maurice se met devant moi pour éclairer la « route »
C'est dur, nous devons rouler à 40km/h!! finalement, je jette l'éponge.
Les hommes se couvrent et foncent sur la piste de sable dans le noir.
Moi, je suis dans le 4x4 au chaud avec la musique ! Et nous arrivons à
Villamar. Un hôtel collé à la roche avec une déco
sympa (mur de grosses pierres noires, cheminée..), des chambres
correctes et une douche chaude. Par contre, il fait un froid glacial!
Un diner délicieux: soupe aux champignons, agneau, riz et pêches
en dessert. Au lit à 22h.
J7: VILLAMAR – HOTEL DEL DESERTIO. 130 km de piste.
Départ à 10h sous le froid (les ruisseaux sont gelés). Nous découvrons le paysage que nous avons parcouru hier dans la nuit. Nous allons passer plusieurs cols aujourd'hui vers 5000m. La montagne verte à perte de vue comme en Pantagonie, les vues sur les pistes sinueuses, personne à l'horizon. La nature à l'état pur! La piste est étroite et caillouteuse, nous passons quelques petits gués givrés... c'est éprouvant mais cela passe. Le 4x4 lui commence à souffrir: il chauffe et fait un drôle de bruit. Après la piste caillouteuse, c'est une piste blanche au milieu d'une roche rouge que nous descendons pour atteindre des mines, puis du sable, puis une sorte de gros gravier volcanique noir épais. Celà change tous les 10 kilomètres. Horrible! Mais que voit on au loin?
La laguna Colorada ! Ce fameux lac rose couvrant 60km2 (sa
coloration provient des algues et du plancton qui prospèrent dans
l'eau riche en minéraux) envahi par les flamants roses. Ses reflets
varient selon l'intensité et l'angle des rayons solaires. De brillants
dépôts blancs de sodium, de magnésium, de borax ourlent
la rive. Magique! Il fait froid et le vent est très fort, les arrêts
sont comptés (trop) pour prendre des photos et savourer. Il faut
savourer. Nous réussissons tout de même à nous approcher
du bord de la lagune pour découvrir de « près »
les flamants roses.
Maurice à un problème avec sa moto, elle est HS. Le moyeu
de la roue arrière est foutu. On charge donc la moto sur le 4x4
(on doit enlever tous les bagages pour ensuite les recharger) donc pas
de pique-nique pour ne pas perdre de temps.
C'est reparti sur cette piste horrible de gravier noir avant de partir
à l'assaut du Désert. Je dis bien le désert! Du sable
jaune, orange, des dunes, des lignes droites sur les collines de sable.
Nous sommes dans un autre pays. En Afrique certainement, non en Bolivie!
Soudain au loin de grosses pierres sculptées par le vent dont la
plus connue: le célèbre Arbre de Pierre.
Pause photo alors que certains s'éclatent en se croyant au Paris/Dakar! Nous continuons à grimper sur ce paysage lunaire et glacial. Vers 16h, nous apercevons un hôtel au milieu du désert, absolument magique. Nous sommes arrivés à l'heure mais nous n'avons pas déjeuné. Nous allons gouté! Le coucher de soleil sur ces dunes est absolument magnifique! De notre chambre, nous avons une vue imprenable sur le désert. Nous admirons la montagne passée sous toutes les couleurs ocres, orange, puis rouge!
David a le courage de sortir pour prendre des photos
alors que la température est négative. Maurice lui vide
son 4x4 et protège le moteur pour la nuit.
Une bonne douche dans une salle de bain nature, un petit repos bien mérité
puis un apéritif, un diner autour d'un feu de cheminée,
comme à la montagne. Au menu: soupe, boeuf cuit, légumes
et une bouteille de vin très froide, amenée par Maurice.
La fatigue se fait sentir. Nous allons savourer notre nuit au chaud et
dans des draps polaires. J'ai des bleus partout, mal au cou, le nez pris
et mal à la tête à 5 heures du mat (nous sommes à
4500m). Nous prenons notre médicament local (qui donne soif!) mais
c'est efficace.
J8: HOTEL DEL DESERTIO - VILLAMAR
Lever à 7h30. Cela sera un petit déjeuner au coca ce matin
(un thé au coca style tisane) pour le mal de tête. De toute
façon, cela va être une journée pourrie!
Ce matin, un réservoir d'une moto fuit donc on doit démonter
le réservoir de la moto HS pour le remettre sur l'autre! Une batterie
est faible! ... Nous partons tout de même à 9h par la même
piste qu'hier en sens inverse.
C'est dur, le sable est mouillé,
il y a des traces de pneus de 4x4 partout. 2 solutions, soit on se met
dans les traces mais cela va un temps car quand une bifurcation arrive..
ou alors on se met su du vierge mais ce n'est pas évident. J'ai
du mal à suivre. Les pros sont loin devant. Je souffre et j'ai
soif (vive le camelbag, à emporter absolument). Je me retourne
et je ne vois pas le 4x4. Je continue seule sur ce désert où
les seuls points de repère sont les traces. Et là, première
gamelle dans le désert. Les autres motards surgis de nulle part
m'aperçoivent et viennent m'aider à remonter la moto. Je
repars et essayes les différentes techniques... mais ce n'est pas
concluant! Je tombe dans des traces de sable fin!
Le 4x4 souffre et Maurice décide de retourner à Villamar
pour trouver un mécano ou un autre 4x4! L'itinéraire est
donc suspendu. Nous reprenons donc les mêmes pistes!
Tout le monde va vite! Certains commencent à être fatigués
mais têtus souhaitent continuer...
Et... Jean Claude tombe sur la piste! Il a moins de chance que moi car
il est sorti de la piste et a atterri sur une pierre! Il souffre de l'épaule
et du bras! Nous sommes à 5000m au milieu de nulle part à
30km de Villamar. Jean Claude est mis dans le 4x4 allongé. Nous
roulons doucement mais à chaque sursaut (et il y en a sur ces pistes!),
il hurle. C'est dur de garder son sang froid. Les kilomètres ne
finissent pas . Le mécano a pris la moto de Jean Claude (il est
motard).
Arrivée à Villamar, nous nous dirigeons vers l'hôpital
du village (une infirmerie plutôt). Un médecin va l'osculter:
à priori, c'est une fracture de l'épaule. Maurice avec son
téléphone satellite appelle l'assurance puis ses collègues
pilotes à La Paz (Maurice est pilote de l'air). Un avion va venir
prendre Jean Claude et sa femme demain pour le ramener à La Paz
(ce serait de la torture de le faire en 4x4). En attendant, il va dormir
à l'hôpital. Super nuit en perspective!
La journée se termine ainsi: un blessé et un 4x4 mal en
point. Vive l'aventure!
J9: LAGUNA VERDE
Suite à ces évènements, l'itinéraire est modifié. Nous ne passerons plus par Tupiza car il nous manque des jours mais nous remonterons directement vers Uyuni pour aller ensuite vers Sucre. Celà sera aussi un itinéraire superbe.
Par contre, nous ne pouvons pas manquer la Laguna Verde, cette lagune
mythique située à la pointe sud de la Bolivie, à
la frontière avec le Chili. Nous nous y rendons donc en 4x4 (sauf
2 exceptions) pendant que Maurice gère le départ de Jean
Paul.
Départ vers 12h30 après avoir visité à pied
des peintures rupestres et un « château fort »
à deux pas de Villamar.
Après 3 heures de piste dans des paysages toujours exceptionnels (nous repassons par la Laguna Colorada et des déserts haut perchés), nous découvrons le volcan Licancabur (5 960m) et sa lagune verte (4400m).
Encore une image volée à Ushuaia (pour rappel, Nicolas Hulot
a exploré le volcan).
Les reflets verts de la lagune varient avec le soleil. Cette couleur est
due à l'importante concentration en carbonates de plomb, de soufre,
d'arsenic et de calcium. Nous ne nous baignerons pas! Aujourd'hui, il
y a quelques nuages, du vent et de la houle. Le reflet vert n'est donc
pas aussi étincelant que sur les cartes postales. Mais c'est magnifique.
Nous prenons des photos à la japonaise car nous avons froid et
départ... Nous faisons une halte au milieu des geysers de Sol de
Manama beaucoup plus impressionnants que ceux du parc Sajama. Cela fume,
c'est boueux,... une vraie marmite en plein désert!
Retour en admirant ce paysage lunaire au coucher du soleil.
Cela aura été une journée découverte en quatre
roues.
Demain nous partons pour Potosi en 2 roues!
J10: VILLAMAR – POTOSI via UYUNI. Route vers le nord-est.
Départ sur 40km de piste sablonneuse... on s'améliore
et on se fait plaisir avec le passage des gués. Se faire plaisir
est un grand mot! Nous ne nous rendons pas compte de la profondeur des
gués. Je vais m'en rendre compte avec celui là: trempée
des pieds jusqu'à la culotte!. Je n'ai pas compris, j'ai du mal
fermer le bas de mon pantalon, cela m'apprendra.
Après ces 40km, retour sur le bitume pendant 200km en ligne droite.
Que c'est monotone...Nous arrivons vers midi à Uyuni que nous connaissons
déjà. Nous déjeunons pendant que Maurice répare
la moto, transvase les bagages dans un autre 4x4 (remplaçant notre
modèle HS)... Il n'arrête pas!
Au menu, soupe copieuse, viande panée, riz, pommes de terre, fruits
pour 2€! Alors que nous sommes prêts à repartir, une
moto tombe par terre (ce n'est pas moi promis!). Malchance, le guidon
doit être changé. Nous prenons encore une fois du retard.
A 14H, nous partons avec le 4x4 sans Maurice qui nous rattrapera. C'est
parti pour 220 km de piste entre Uyuni et Potosi. Je me souviendrai toute
ma vie de cette route!
Pour une fois, nous essayons le duo avec David mais nous ne tenons pas
plus de 5 km sur piste. C'est de la torture: la suspension est beaucoup
trop dure! Donc, un de nous repart dans le 4x4.
Pour l'instant, la piste est magnifique: montagne ocre, cours d'eau et
quelques arbres verts (cela fait longtemps que nous n'en avons pas vu).
Normal, à partir d'aujourd'hui, nous allons descendre en altitude
chaque jour pour finir à Santa Cruz à 500m. A chaque virage,
nous découvrons un nouveau paysage. Qu'allons nous découvrir
au prochain virage? Il faudrait avoir une caméra sur le casque.
Il est difficile de s'arrêter sur la piste pour prendre des photos.
Heureusement, nous avons un photographe dans le 4x4. Le paysage ne doit
pas nous faire oublier la piste qui est dure: virolos, épingles,
route avec ravin, des cailloux et du sable ! Pour l'instant, il n'y a
pas de trafic mais il suffit... Cela va être comme cela pendant
5 heures. Pour l'instant, je me débrouille bien mais je ne fais
pas la fière dans les épingles sablonneuses... En plus,
je suis abandonnée! Eric et Minh ont décidé de speeder,
Maurice n'est pas là et le 4x4 loin derrière! Je suis donc
obligée d'attendre le 4x4. Je roule tranquille en savourant le
paysage. Mais le soleil tombe déjà et il reste beaucoup
de kilomètres. Il va falloir tracer ou du moins essayer. J'enlève
mes lunettes de soleil et là, cela va être la route de la
mort! On ne voit rien, pas de balisage pour les virages (ou alors ils
en mettent un que l'on ne comprend pas !). Je ne regarde même plus
par terre pour savoir si c'est du sable ou des cailloux mais je cherche
le tracé de la piste. Le clou du spectacle: le trafic s'intensifie
et je croise maintenant des poids lourds! Lorsque j'aperçois les
2 gros phares, je me mets sur le côté droit (pas trop!) et
je croise les doigts. J'en ai marre et c'est très risqué!
Je ne reconnais même plus les phares du 4x4 derrière moi.
Est ce lui ou un autre ? Vers 19h30, nous arrivons enfin à Potosi,
ville minière. Retour à la ville avec ses embouteillages
et ses exercices à vitesse lente. Je n'en avais pas fait aujourd'hui.
Enfin, l'hôtel colonial ! Ouf, je n'en peut plus mais je suis fière
car j'ai réussi!
L'hôtel a du cachet et est tout confort: du chauffage et de l'eau
chaude. Ces petits détails sont très appréciés
ici... Tous propres, toute l'équipe part diner dans le centre ville
dans un charmant restaurant. Au menu: notre premier lama aux fines herbes
pour certains, à l'aigre douce pour d'autres. Cela ressemble à
du boeuf ... Tout ceci arrosé avec la fameuse bière de Potosi,
amère et forte.
J11: POTOSI
Une journée libre: visite de la ville pour certains, farniente
ou mécanique pour d'autres...
Julia, Minh, David et moi décidons de visiter la ville. Maurice
nous a trouvé un guide francophone (16$ par personne). Celui ci
va nous accompagner au musée de la ville dans lequel nous découvrons
des machines qui ont servi à la fabrication des lingots d'argent
et d'or ainsi que des pièces de monnaie pendant l'heure de gloire
de Potosi. Aujourd'hui, les billets boliviens sont imprimés en
France et les pièces en Espagne!
Un petit rappel de l'histoire de la ville. Potosi fut fondée en
1545 dès la découverte du précieux minerai et bientôt
l'argent extrait finança l'empire espagnol. Pendant, les années
d'opulence la cité devint la plus riche des Amériques. Elle
en garde les traces: la ville recèle de 80 églises magnifiques
et d'une architecture coloniale. Lorsque le filon s'épuisa (début
du 19ème siècle), le déclin et la pauvreté
s'abattirent sur la ville. Aujourd'hui, la mine est encore en activité.
L'argent n'est plus présent mais des matières comme l'étain,
le zinc et le plomb sont extraits. L'augmentation des cours des matières
premières redonnent un souffle à cette activité.
Certains mineurs chanceux ayant trouvé les filons sont riches (5
personnes dans la ville...).
Ensuite, nous errons dans les rues: achats de CD de musique bolivienne,
recherche de pharmacies, visite d'églises... Le guide nous invite
ensuite à déjeuner dans sa maison : une maison très
bien tenue, un repas copieux: soupe, lama (bien meilleur qu'au restaurant)
accompagné de 5 variétés de pommes de terre, dessert.
Excellent! L'heure avance et les mines nous attendent. En bus, nous nous
rendons dans les magasins pour nous équiper (casque, combinaison)
et acheter des petits « cadeaux » pour les mineurs:
feuilles de coca, biscuits, alcool à 96°C, dynamite... Les
mineurs machent toute la journée les feuilles. Cela les dope pendant
toute la journée car ils ne mangent pas à midi.
Nous grimpons sur cette montagne grise et arrivons à l'entrée
du couloir. Il ne faut pas être claustrophobe. Nous sommes un peu
tendus car nous n'imaginons pas ce qui nous attend derrière. Le
premier couloir est d'une hauteur d'1m50, la première impression
est l'odeur... est ce la poussière ? On s'enfonce et nous arrivons
à l'endroit « détente » des mineurs.
C'est vendredi, un groupe de mineurs est assis autour d'une statue d'un Dieu qu'ils vénèrent. Ils fument, boivent et vénèrent le diable. Cela pue la clope brute! Nous leur offrons quelques produits et vénérons le Dieu avec eux, posons nos lèvres sur la bouteille d'alcool à 96°C... et continuons notre circuit. Nous nous enfonçons au niveau -2. D'un seul coup, un bruit... des mineurs poussant un mini wagon apparaissent... puis deux hommes chargeant à la pelle des pierres dans un bac qui est remonté par une poulie en haut.
A chaque rencontre, le guide distribue des cadeaux très
appréciés. Nous entendons la dynamite sautée mais
nous ne la verrons pas. Le parcours est moins dur que ce à quoi
nous nous attendions mais je pense que nous n'avons pas vu grand chose...
Il est 17h, c'est vendredi et les mineurs sortent progressivement de la
mine. Ils vont boire un coup.
La visite des mines est une visite qui donne une sensation étrange..
Nous sommes dans un autre monde. Le seul point positif est qu'aujourd'hui,
les mines appartiennent à des coopératives locales propriétés
des mineurs. Ils ne sont donc plus exploités comme des esclaves.
Mais bon...
Nous quittons notre guide et rentrons à l'hôtel pour prendre
une douche, nous en avons besoin.
Ensuite, recherche d'un cyber-café (cela fait longtemps) puis diner
resto.
J12: POTOSI-SUCRE
Ce matin, la santé n'est pas au rendez vous. Nausée, fièvre,
je ne tiens pas sur mes pattes. Journée coca et maté de
coca au menu. Nous aurons tous eu un petit moment de faiblesse: mal de
tête, tourista.... mais rien de grave.
Aujourd'hui, ce n'est pas une journée difficile mas je préfère
me mettre en passagère 4x4. La route est cool: du goudron avec
de longues boucles dans un paysage vallonné.
Nous descendons et arriverons à 3000m ce soir. Les motos sont loin devant car aujourd'hui nous avons un autre véhicule et chauffeur (temporaire heureusement). La technique de conduite est simple: couper le moteur dès que cela descend ou se mettre en roue libre. Autant dire que la vitesse est élevée! En plus, on ne trouve pas l'adresse du resto de midi. On demande mais on ne trouve pas. Après des visites de village, une voiture nous guide et nous retrouvons les motards au sein d'une magnifique villa au bord d'une rivière asséchée (c'est la période sèche). Celà ressemble à un mas de Provence décoré à l'européenne avec une terrasse ombragée. Il fait beau et chaud... nous sommes dans le sud de la France. Les motards sont déjà à table et se régalent... Cela sent la province agréable et plus aisée. Après ce délicieux repas, départ pour Sucre. Nous arrivons à 17h dans la ville blanche.
On tourne dans la ville comme d'habitude pour trouver l'hôtel...
Nous découvrons un hôtel colonial blanc, une cour intérieure
ombragée, une chambre double spacieuse.. Nous sommes ailleurs:
il fait doux...
Cela une soirée libre pour chacun.
J13: SUCRE
Journée farniente, visite de Sucre ou du marché de Tarabucco.Tous
les guides de voyage vous font des éloges de ce marché local.
« Un des plus beaux et typiques d'Amérique du sud... ».
Nous y allons tôt le matin avec David en bus. Deux heures de bus
à travers un paysage vallonné très aride. Nous serons
un peu déçus par ce marché: un peu touristique et
moins typique que les merveilleux marchés de La Paz. Points positifs:
nous découvrons de nouvelles tenues vestimentaires notamment les
chapeaux,.. nous prenons de belles photos de portraits et savourons la
vie de ce Dimanche de marché à la campagne.. .
Retour à Sucre que nous découvrons à pied. Nous arpentons
les rues blanches et découvrons la vie tranquille des habitants
le dimanche: fête foraine, parc..
Cela aura donc été une journée tranquille: visite
pour nous, farniente pour d'autres...
J14: SUCRE – LA HIGUERA
Nous nous dirigeons vers une étape mythique: La higuera, village
dans lequel le Che a été assassiné.
Départ en duo sur le bitume puis piste de cailloux. Pour l'instant,
c'est tenable. Le paysage est aride, le sable coloré...
Aujourd'hui, nous allons encore descendre en altitude et donc rouler sur des pistes étroites proches de ravins mais avec des vues imprenables sur la vallée qui devient verte. Nous voyons au loin la piste serpentée parcourir toutes ces grosses collines.
Nous abandonnons le duo car cela
devient trop dur. La route devient de plus en plus étroite avec
de beaux ravins. Les couleurs ne cessent de changer: rouges, blanches,
marronées...On descend puis on remonte pour passer un petit col.
En haut de la montagne, nous sommes à la frontière amazonienne
et cela se sent. Il fait de plus en plus chaud et moite. Nous sentons
des vagues de chaleur. Une fois passé le col, c'est flagrant! Il
fait chaud, on entend d'un seul coup les oiseaux (celà faisait
longtemps), on sent les fleurs... Des sensations inoubliables que nous
n'aurions pas, assis dans notre 4x4. C'est encore une fois un autre pays.
Il fait tellement chaud que nous transpirons sous nos blousons. Le conducteur
du 4x4, lui, est en bermuda! La route est sinueuse mais je commence à
mieux maitriser. Je n'ai plus besoin de me concentrer sur le terrain.
Après de multiples cols, nous roulons sur une large route sablonneuse
à travers la verdure. Et soudain, alors que les couleurs de la
lumière deviennent de plus en plus rouges, nous apercevons au loin
le fleuve Rio Grande.
Le Rio est très large et sinueux. L'eau est
claire. C'est magique! Entre 2 collines, un pont moderne apparait au dessus
d'une eau transparente. Nous faisons une halte sur ce pont pour attendre
le 4x4. Avec Julia, nous ne pouvons résister à la tentation
de descendre sur la rive pour mettre les pieds dans l'eau. L'eau est bonne
et Julia va même se baigner. Encore un instant inoubliable à
savourer.
Mais Maurice nous rappelle à l'ordre: il faut partir car nous devons
arriver avant la nuit (nous ne réussirons pas comme d'habitude!).
Il reste 30km de petite piste caillouteuse avec des petites épingles.
Je vais trouver le moyen de tomber sur le côté heureusement
du côté montagne. Comme d'habitude, j'ai regardé le
côté au lieu de tourner la tête! A 19h, nous arrivons
au refuge du Che. Un lieu isolé, une maison dénudée...
il n'y a rien à part la célèbre statue du Che. Nous
savourons une bière dans une salle à manger sans électricité.
J'ai droit à un compliment sans prix de Maurice « tu
as le tampon Approuvé par Moto-Andina » Quel honneur
!
L'habitant nous annonce que le diner est prêt depuis 14h. Il faut
s'estimer heureux car c'est la première fois qu'ils n'ont pas zappé
la réservation de Maurice! Un autre monde ! Poulet, riz et frites
froides au menu sous les chandelles!
J15: LA HIGUERA – SANTA CRUZ
Nous finissons dans la facilité avec une étape de 300km dont 200 de goudrons. Nous visitons le musée du Che avant de partir (une pièce vide et des tableaux aux murs!) puis départ. Nous prenons la piste d'hier en sens inverse. Celle ci me semble plus dure. Cela doit être la fatigue. Nous poursuivons sur une piste étroite et sinueuse.
Il ne faut pas avoir le vertige (je crois que cette section est la pire en terme de ravin). Des parties de pistes sont dignes des Alpes mais en sable! Prudence et anticipation sont donc les maitres mots. Après les hauteurs vient le plat. Nous sommes sur une large route orange au milieu de la verdure parsemée de petites maisons. Nous faisons une pause déjeuner dans une sorte de bar routier. La télé au centre de la pièce, des tables brutes sur du carrelage, les portes ouvertes... le bar que nous voyons dans les reportages de pays d'Amérique du sud (Brésil..). Nous sommes ailleurs! Nous avons réellement passé une frontière. Nous ne sommes plus sur les plateaux andins mais dans la partie amazonie de la Bolivie. Magique !
Après cette pause, nous repartons sur la piste qui tourne gentiment.
Il fait chaud. Palmiers, cactus, arbres en fleurs, verdures, maisons de
bric et de brac comme dans les Antilles! Nous arrivons progressivement
sur Santa Cruz et les villages se succèdent. Nous apercevons les
motos-taxis locaux.
La ville approche, la chaleur est là... et
donc la pollution se fait sentir. Les mini bus, les taxis, les 4x4...
Cela va dans tous les sens. Même Maurice a du mal à se repérer.
Nous allons tourner dans le centre ville 45 minutes avant de trouver notre
hôtel. Les moteurs sont chauds, nous sommes trempés... il
est temps d'arrivé! Voilà notre 4 étoiles! J'essaye
de me garer et là, la moto tombe! Je finis bien, Maurice n'est
pas très content.
Nous quittons nos motos pour notre hôtel luxueux (avec piscine!).
Douche avant notre dîner. Maurice nous invite dans un restaurant
branché de la ville. Nous partons en taxi, direction la grande
avenue. Des 4x4 luxueux, des restos branchés... nous sommes ailleurs!
Santa Cruz est la capitale économique du pays. Tous les grands
groupes internationaux sont basés à Santa Cruz. Celà
se ressent donc dans certains quartiers. Nous nous retrouvons dans un
restaurant très sympa et local. Cocktail, grillades (Santa cruz
est renommée pour sa viande de boeuf et c'est justifié).
Une pierra/barbecue sur la table: boeuf, coeur, tripes, foie... Un délicieux
vin rouge! Hum, c'est bon! Et en dessert des bananes flambées!
Nous allons finir notre trip sur cette dernière image: un dîner
....
J16: SANTA CRUZ
Les retours vers la France vont se faire progressivement. Demain, après
demain..selon les souhaits de chacun.
Santa cruz est une ville agréable mais n'offre pas autant d'interêt
que des villes comme Sucre ou Potosi. Il est sympa de flâner pendant
une journée dans les rues, de découvrir des marchés
locaux, savourer un cocktail sur une terrasse et de déguster une
entrecôte locale... Nous sommes plus près de notre monde.
Si vous restez plus longtemps, allez visiter le parc Amboro situé
vers Samaipata. Vous vous retrouverez au coeur de la jungle à écouter
et à admirer les magnifiques oiseaux.
CONCLUSION
La Bolivie est un pays magnifique! La nature à l'état pure...Si vous aimez les paysages, alors foncez! Je revais de l'Amérique du sud à juste titre ! Reste à trouver pour la prochaine fois un pays aussi magique!
Les points forts:
- un voyage hors du temps, des paysages à couper le souffle
- un circuit sur mesure avec motard français
- un pays non touristique
- un rapport qualité/prix excellent notamment avec la formule « une moto pour deux ».
- un circuit réalisable par des motards de niveau moyen. Pas besoin d'avoir une expérience enduro.
- un voyage qui vaut tous les stages de conduite et d'enduro
- le guide : Maurice !
Les points faibles
- le duo est quasi impossible (sur notre circuit).
- le trajet Paris/La Paz vraiment très long (19h)
- L'altitude avec les fortes amplitudes de température qui nécessitent de prendre son temps avant et après le circuit (prévoir au minimum un jour avant et un après)
CARNET PRATIQUE
- Saison idéale: entre mai et octobre
- Pas de visa
- Billet d'avion: entre 900€ et 1400€ si vous vous débrouillez bien (moyenne à 1200€)
- Equipement: des sous pulls chauds, un blouson et un pantalon moto
étanche, des bottes hautes, un casque tout-terrain ou intégral,
des gants mi-saison, des lunettes de soleil
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